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Sèche-serviettes électrique ou eau chaude : lequel est économique ?

Sèche-serviettes design blanc aux lignes arrondies intégré dans une salle de bains contemporaine avec habillage bois.
Chauffage
La question revient à chaque projet de salle de bains : faut-il un sèche-serviettes électrique, qu'on pose n'importe où, ou un modèle à eau chaude raccordé à la chaudière ? La réponse dépend d'un seul chiffre que la plupart des comparatifs oublient : le prix belge du kilowattheure. C'est lui qui décide.
  • L'essentiel

    À l'achat et à la pose, l'électrique gagne. Un modèle électrique se branche sur le réseau et coûte souvent 300 à 800 € posé. Un modèle à eau chaude demande un raccordement plomberie, donc plus de main-d'œuvre

    À l'usage, l'eau chaude gagne largement. L'électricité résidentielle belge tourne autour de 0,35 €/kWh, parmi les plus chères d'Europe. Un sèche-serviettes électrique coûte 130 à 260 € par an. Le même confort par le circuit de chauffage revient à 25-30 € par an.

    Sur 10 ans, l'eau chaude est le choix économique dès qu'un chauffage central existe. Le modèle mixte reste le meilleur compromis pour la plupart des maisons belges.

Le vrai sujet, c'est le prix de l'énergie en Belgique

Un sèche-serviettes chauffe. La seule vraie différence entre les deux familles, c'est l'énergie qu'ils brûlent pour le faire.

L'électrique transforme directement l'électricité du réseau en chaleur. Or l'électricité résidentielle belge est parmi les plus chères d'Europe. Selon Eurostat, le prix tout compris atteignait 0,3499 €/kWh au second semestre 2025, troisième tarif le plus élevé de l'Union derrière l'Irlande et l'Allemagne, largement au-dessus de la moyenne européenne de 0,29 €/kWh. Le tableau de bord de la CREG de février 2026 confirme une moyenne belge autour de 37,8 c€/kWh, avec des pointes à plus de 40 c€ à Bruxelles.

Le sèche-serviettes à eau chaude, lui, ne consomme quasiment pas d'électricité. Il puise dans le circuit de chauffage central, comme un radiateur classique. Son coût réel dépend donc de l'énergie de votre chaudière. Et là, l'écart est frappant : le gaz belge fait partie des moins taxés d'Europe. Une chaudière gaz à condensation produit un kilowattheure de chaleur pour environ 5 centimes. Une pompe à chaleur, autour de 9 à 11 centimes selon son rendement.

Comment est produite la chaleur

Coût du kWh de chaleur

Résistance électrique (sèche-serviettes électrique)0,35 – 0,40 €
Pompe à chaleur air-eau (COP ~3,5)0,09 – 0,11 €
Chaudière mazout à condensation0,10 – 0,11 €
Chaudière gaz à condensation0,05 – 0,06 €

La même chaleur coûte donc 3 à 7 fois plus cher par une résistance électrique que par le circuit d'eau. Ce rapport ne se retrouve nulle part ailleurs aussi marqué : il tient à la structure de prix belge, où l'électricité est lourdement taxée et le gaz beaucoup moins. C'est le point que les articles français, calés sur une électricité à 0,20 €, passent systématiquement à côté.

L'électrique : simple à poser, cher à l'usage

Un sèche-serviettes électrique se raccorde au réseau électrique. Pas de tuyau à tirer, pas de circuit d'eau à modifier. Dans une salle de bains sans chauffage central à proximité, ou dans un appartement, c'est souvent la seule solution réaliste.

Côté prix d'achat, l'entrée de gamme démarre autour de 150-165 € chez les enseignes belges. Un modèle milieu de gamme comme le Vasco Iris à résistance électrique se trouve autour de 580 €. Les versions avec soufflerie, qui chauffent la pièce en quelques minutes, montent plus haut : le Zehnder Forma Air ou le Roda Air se situent entre 1 000 et 1 300 €. La pose par un électricien prend quelques heures et se facture en général de 100 à 300 €, contrôle RGIE compris pour une nouvelle installation en zone humide.

Le problème arrive sur la facture. Un sèche-serviettes électrique de 750 W utilisé deux heures par jour sur la saison consomme environ 550 kWh. Au tarif belge, ça fait près de 190 € par an. Montez à 1 000 W et vous dépassez 250 € annuels.

Puissance

Usage ~2 h/jour

Consommation

Coût annuel (0,35 €/kWh)

500 Wsaison de chauffe~365 kWh~128 €
750 Wsaison de chauffe~548 kWh~192 €
1 000 Wsaison de chauffe~730 kWh~256 €

Ces montants supposent un usage raisonnable. Un appareil laissé allumé en continu tout l'hiver grimpe vite bien plus haut. Un thermostat et un programmateur changent tout ici : ils coupent l'alimentation dès que la pièce atteint la température voulue, et un corps de chauffe à bonne inertie continue de rayonner après extinction.
 

L'eau chaude : plus de plomberie, presque rien à l'usage

Le sèche-serviettes à eau chaude fonctionne exactement comme un radiateur. L'eau de votre chaudière y circule et diffuse une chaleur douce tant que le chauffage central tourne. Sa consommation électrique propre est nulle.

À l'achat, les fourchettes sont proches de l'électrique : entrée de gamme autour de 160 €, milieu de gamme vers 375 € pour un modèle de 934 W, et des pièces design comme le Zehnder Vitalo Spa au-delà de 1 000 €. La différence se joue sur la pose. Le raccordement au circuit de chauffage demande un chauffagiste, et le chantier s'allonge si les conduites ne passent pas déjà près de l'emplacement prévu. Comptez de 150 à 350 € de main-d'œuvre, davantage si le circuit doit être prolongé.
En échange, l'usage ne coûte presque rien. Pour la même quantité de chaleur qui vous coûtait 190 € en électrique, vous payez 25 à 30 € par an au gaz condensation. L'économie annuelle tourne autour de 150 €. Sur la durée de vie de l'appareil, la plomberie plus chère au départ est remboursée en deux à trois ans.

Un défaut, tout de même : quand la chaudière est éteinte, le sèche-serviettes eau chaude ne chauffe plus. En plein été, ou lors de ces semaines de mai trop fraîches pour se passer d'une serviette chaude mais trop douces pour rallumer le chauffage, il reste froid.
Sèche-serviettes rose fuchsia installé dans une salle de bains moderne avec vasque noire et murs pastel.

Le mixte : eau chaude l'hiver, appoint électrique le reste du temps

C'est la solution qui résout ce défaut. Le corps du sèche-serviettes mixte est raccordé au circuit d'eau chaude, mais une résistance électrique intégrée prend le relais quand la chaudière est coupée. Vous profitez du coût imbattable de l'eau chaude pendant toute la saison de chauffe, et de l'appoint électrique quelques semaines par an seulement, en intersaison.

Sur ces courtes périodes, la dépense électrique se compte en quelques dizaines d'euros. Le confort, lui, est là toute l'année. Les premiers prix démarrent autour de 218 € pour un modèle hybride, et la plupart des grandes marques déclinent leurs modèles design en version mixte.

Pour choisir entre les trois familles selon votre configuration, le type d'alimentation n'est qu'une pièce du puzzle : la puissance, le format et l'intégration dans la pièce comptent tout autant. Notre guide complet pour choisir son sèche-serviettes reprend l'ensemble de ces critères.

Le calcul qui compte vraiment : le coût sur 10 ans

Comparer les prix d'achat n'a pas de sens si on oublie ce que l'appareil coûte pendant les dix ou quinze ans où il fonctionne. Voici le coût total de possession pour une salle de bains d'environ 6 m², pose comprise à la TVA 6 % (rénovation d'un logement de plus de 10 ans).

Poste

Électrique 750 W

Eau chaude (gaz condensation)

Mixte

Achat200 – 580 €160 – 375 €220 – 450 €
Pose150 – 300 €150 – 350 €200 – 400 €
Usage sur 10 ans1 300 – 1 900 €250 – 300 €400 – 600 €
Total sur 10 ans1 650 – 2 780 €560 – 1 025 €820 – 1 450 €

Le poste « usage » écrase tout le reste. L'économie que vous faites à l'achat sur un modèle électrique est effacée dès la troisième année par la facture d'électricité. Sur dix ans, l'écart entre l'électrique et l'eau chaude dépasse largement mille euros.

L'argument 2026 : penser à la pompe à chaleur

Un dernier facteur pèse dans la balance, et il devient central en Belgique. Le chauffage au fossile est en voie de sortie. La Wallonie interdit le mazout dans les constructions neuves depuis le 1er janvier 2026, et une interdiction fédérale de vente des chaudières mazout est visée vers 2035. Depuis juillet 2025, la TVA sur l'installation d'une nouvelle chaudière gaz ou mazout est repassée à 21 %, tandis que les pompes à chaleur restent à 6 %.

Les pompes à chaleur se multiplient donc, et elles fonctionnent en basse température, entre 35 et 55 °C. Un sèche-serviettes à eau chaude conçu pour la basse température reste compatible avec une future pompe à chaleur. Un modèle électrique, lui, restera toujours branché sur l'électricité la plus chère d'Europe. Si vous rénovez votre chauffage ou envisagez de le faire dans les années qui viennent, l'émetteur à eau chaude est le pari le plus sûr.

Côté primes, aucune ne subventionne directement un sèche-serviettes. Mais celles qui existent, en Wallonie via la Prime Habitation, en Flandre via Mijn VerbouwPremie, poussent vers la pompe à chaleur et les émetteurs basse température qui vont avec. À Bruxelles, les primes Renolution sont suspendues faute de budget en 2026. Cette orientation générale confirme l'intérêt d'un circuit à eau chaude.
Sèche-serviettes noir graphique à lames inclinées dans une salle de bains minimaliste et lumineuse.

Alors, lequel choisir ?

Votre situation

Notre recommandation

Chauffage central présent (chaudière ou PAC)Eau chaude, en basse température si possible
Envie de confort toute l'année, chaudière coupée l'étéMixte — le meilleur compromis belge
Appartement ou salle de bains sans circuit à proximitéÉlectrique programmable, usage limité
Rénovation du chauffage prévue à moyen termeEau chaude compatible pompe à chaleur
Petite salle de bains secondaire, usage occasionnelÉlectrique étroit, 400-600 W, avec thermostat

Questions fréquemment posées

  • Un sèche-serviettes électrique consomme-t-il beaucoup en Belgique ?

    Plus qu'ailleurs, à cause du prix de l'électricité. Un modèle de 750 W utilisé deux heures par jour sur la saison de chauffe coûte environ 190 € par an au tarif belge. C'est deux à trois fois ce que la plupart des estimations françaises annoncent, parce qu'elles se basent sur une électricité bien moins chère. Un thermostat et un programmateur permettent de réduire nettement cette facture.
  • L'eau chaude est-elle toujours plus économique que l'électrique ?

    À l'usage, oui, dès qu'un chauffage central existe. Le kilowattheure de chaleur produit par une chaudière gaz coûte cinq à sept fois moins cher que celui d'une résistance électrique en Belgique. La seule situation où l'électrique se justifie économiquement, c'est l'absence de circuit de chauffage à proximité, où créer un raccordement coûterait plus que ce qu'on économise.
  • Combien coûte l'installation d'un sèche-serviettes eau chaude ?

    Comptez 150 à 350 € de main-d'œuvre pour un chauffagiste, davantage si les conduites du chauffage central doivent être prolongées jusqu'à l'emplacement. Dans une rénovation d'un logement de plus de 10 ans, la fourniture et la pose facturées par l'entrepreneur bénéficient de la TVA à 6 %.
  • Un sèche-serviettes eau chaude fonctionne-t-il en été ?

    Non, pas dans sa version standard. Quand la chaudière est éteinte, il reste froid. C'est pour ça qu'existe le modèle mixte, avec sa résistance électrique d'appoint : il assure le confort en intersaison et en été, tout en gardant l'économie de l'eau chaude pendant l'hiver.
  • Faut-il choisir l'eau chaude si je prévois une pompe à chaleur ?

    Oui, à condition de prendre un modèle prévu pour la basse température. Les pompes à chaleur chauffent l'eau entre 35 et 55 °C, une température plus basse qu'une chaudière classique. Un sèche-serviettes basse température reste efficace dans ce cas et vous évite d'avoir à le remplacer après l'installation de la pompe.
  • Le modèle mixte coûte-t-il beaucoup plus cher ?

    À l'achat, un peu : les premiers prix démarrent autour de 218 €, contre 150-160 € pour un modèle simple. Mais l'appoint électrique ne sert que quelques semaines par an, donc son surcoût d'usage reste faible. Sur dix ans, le mixte revient bien moins cher qu'un électrique et à peine plus qu'un eau chaude, pour un confort disponible en permanence.